Matali Crasset est une designer industrielle venant de France. Elle est née le 28 juillet 1965, en campagne, plus précisément en Champagne. Vivre en zone rurale a eu une répercussion sur sa méthode de travail notamment sur le fait de mettre en valeur l’artisanat. Matali a fait une formation de designer industriel dans une grande école réputée « ENSCI » à Paris.
C’est en 1990 qu’elle commence à faire ses premières armes dans le milieu en travaillant d’abord avec Denis Santachiara à Milan. Ensuite, elle quitta l’Italie pour retourner en France et pas n’importe où : au côté de Philippe Starck! C’est durant ces années-là qu’elle se fait connaître en tant que designer grâce à quelques succès au niveau de ses productions.

Philippe Starck

Matali Crasset créait sa propre boîte vers les années 2000 : Matali Crasset productions. C’est une femme designer qui a su faire sa place et se faire connaître mondialement (ce qui est assez rare pour une femme). En dehors du monde industriel, elle arrivera à s’approprier plusieurs disciplines comme l’architecture d’intérieur, la scénographie, le graphisme, le design, etc. C’est une personne qui grâce à son enfance va rassembler l’artisanat à l’art contemporain et l’industrie textile au commerce équitable en travaillant aussi bien dans des milieux ruraux qu’urbains. Matali crasset collabore avec des artistes ainsi qu’avec des jeunes entreprises d’éditions pour réaliser des projets.

Palm Lab, Nefta

Elle est constamment en recherche d’évolution! C’est pour cela qu’elle voyage énormément pour observer différentes façons de vivre. Certaines de ces configurations sont retenues pour être retranscrites en objet. Tout d’abord Matali Crasset ne se considère pas comme une artiste. Elle ne cherche pas à faire de l’art. Elle travaille plus comme une philosophe, c’est-à-dire qu’elle va étudier, faire des recherches sur des nouvelles méthodes qui vont casser les codes de la société. Et pour cela Matali va intervenir sur le quotidien et les rituels de la vie. Elle veut penser autrement mais surtout en recherchant l’évolution et le futur. Quasi toutes ses productions tournent autour de la question du « vivre ensemble » et du comment repenser l’espace. C’est une femme qui expérimente, c’est tout ! Ses thèmes de prédilection sont : la modularité, la fonctionnalité, la couleur, la flexibilité, le réseau, etc.
Matali crasset est pour le refus de la forme pure. Elle n’est pas intéressée par l’aspect formel au départ de la conception de l’objet. Elle va plus se pencher sur le fonctionnel pour apporter un plus au niveau de l’espace de vie : c’est en quelque sorte une révolutionnaire !

Kiosque, Mediakiosk, Ville de Paris , 2017

Le Blé en herbe, Trébédan, 2015

Dar HI, Nefta, 2013

Elle s’est fait connaître avec sa colonne d’hospitalité « Quand jim monte à Paris », et a, depuis travaillé sur des projets d’hôtels, des collections de textiles, des aménagements de lieux publics ou encore dernièrement sur les kiosques parisiens.

« Quand Jim monte à Paris »
Production de 1995 à 2002
Colonne : 190x34x34 cm Colonne dépliée : 10 x 190 x 130 cm
Bois, carton, feutre, métal

 

Ce lit d’appoint a une fonction bien spécifique : accueillir un ami lorsqu’on n’a pas de chambre d’amis. En général, on a tous un matelas qui traîne quelque part ou un canapé-lit pour héberger un ami qui est de passage. Ce concept est une petite révolution puisque cet objet peut en effet devenir une colonne.

Quelle en est l’utilité, vous allez peut-être me dire ?

Grâce à ce principe qui est « la fonction pliante », la personne qui accueille gagne un gain de place considérable. Cette alternative est nettement plus généreuse qu’un clic-clac. De plus une lampe et un réveil y sont ajoutés. Ces 2 objets sont indispensables, ils font partis intégrante de l’œuvre. Ils vont permettre à l’utilisateur d’avoir un confort physique mais également fonctionnel. Tout est à disponibilité pour que votre ami soit dans les meilleures conditions possibles.

On peut y trouver également une fonction d’estime. Je veux dire par là que l’objet n’est pas un objet à part. L’ami (Jim) va pouvoir s’approprier ce mobilier : il a été fait en quelque sorte pour lui. Quelques éléments s’ajoutent (lampe et réveil) à la colonne. Ces éléments permettent une unité, un tout. D’habitude un lit d’appoint n’est pas spécialement confortable et on ne s’y attache pas alors que celui-ci, on a un lien affectif et donc une émotion. Cet objet va permettre de créer une histoire entre l’habitant et l’ami !

Comme l’appellation l’indique « quand Jim monte à paris », le designer fait directement référence à la ville de Paris. Ce mobilier d’appoint est en quelque sorte destiné à être placé dans les appartements de la ville. Il s’adapte à notre société actuelle : une organisation contemporaine des grandes métropoles. C’est-à-dire que grâce à sa fonction « pliante », l’habitant conserve son espace lorsqu’il n’y a personne. L’objet devient minimal et l’espace est « rangé ». C’est un concept bien pensé donc commercialement : oui ça fonctionne ! Matali Crasset confectionne des objets design pour les gens. Elle arrive à trouver les solutions qui améliorent leur quotidien.

Concernant la symbolique du lit, on l’a développé dès l’enfance. Ce mobilier nous permet de dormir, de se reposer, de partager des moments intimes, de rêver. Il peut nous symboliser plusieurs choses comme la solitude si l’on est seul, la relation amoureuse si l’on est en couple. Le lit est un lieu où nous nous abandonnons et où le conscient entre en relation avec l’inconscient. Il a une très grande place dans notre quotidien ainsi qu’une grande valeur à nos yeux. Le lit appartient à son utilisateur : c’est son espace. D’ailleurs, on peut remarquer qu’on n’apprécie pas spécialement de dormir dans le lit d’une autre personne. La personne ne se sent pas chez elle, car nous ne nous identifions pas à ce lit. Il contient notre histoire, notre vécu : la signification est très forte.

Parlons de la position et de l’ergonomie… Toute la journée nous restons debout ou assis, mais le lit va nous permettre de se coucher, de s’étaler complètement. Nous sommes dans une position horizontale où l’on peut se déconnecter du « train-train » quotidien. Cet objet design, « quand Jim monte à Paris », va changer les aprioris qu’on avait auparavant. La réalisation de Matali Crasset va faire évoluer le quotidien et l’espace : on aura notre 2ème lit à Paris chez un ami ! C’est super nan ! 😀

 

Au niveau des matériaux, Matali Crasset est restée assez simple et discrète : cela change de ses autres produits hauts en couleur. La colonne est en feutre aiguilleté pour rester dans un contexte chaleureux. Lorsque celle-ci se déplie, on y découvre un matelas en coton (intérieur et extérieur) et qui est rempli de mousse bi-densité HR. Grâce à ces matériaux, le mobilier d’appoint sera souple et confortable. Matali Crasset est sensible à l’écodesign, à l’artisanat, et au commerce équitable. De nos jours, l’écologie est vue de façon positive. Les matériaux choisis sont en adéquation avec le contexte. Ils ont été également choisis pour qu’ils soient durables dans le temps. Ils devront résister à l’usure.

Comme je l’ai dit précédemment, elle étudie les modes de vie des habitants pour repenser l’espace  un espace modulable, un espace qui ne rentre plus dans les codes dictés par la société en remettant en cause les principes habituels. Elle va se servir des objets design pour moduler le lieu.

Comment accueillir un ami le plus confortablement possible ? Cet objet a été réalisé pour des espaces exigus. Il fallait qu’il soit modulable et confortable et qu’il prenne le moins de place possible. Elle va essayer de modifier nos rituels quotidiens et de changer également notre logique de vie : chose faite ! Ce mobilier d’appoint peut être sous la forme d’une colonne qui fait office de sculpture dans une pièce du fait de sa structure minimale. Cet objet design a une forme de « monolithe » ou de « totem » sur lequel sont accrochés un réveil et une lampe.
Pour ce qui est du visuel la colonne a l’air d’être rigide, de n’être qu’une sculpture, mais grâce au feutre, ça la rend plus chaleureuse et douce. Lorsque cette tour devient un lit et que l’on voit le matelas, c’est tout le contraire qui se passe. Il a l’air moelleux et en même temps un peu dur : ce qu’il faut pour un bon matelas (un entre-deux).
Ce mobilier va changer notre rapport, notre relation à l’objet. Jim va interagir avec ! On dépasse le cadre de l’objet pour entrer dans un nouvel espace.

Avec cette description au sujet de ce design et de son œuvre-phare, je vous invite à aller découvrir son site interne. Je vous le conseille pour y découvrir tous ses magnifiques projets, collaborations et workshop.

http://www.matalicrasset.com/

 

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